La localité de Kouromadou, dans la préfecture de Mandiana, a été le théâtre d’un drame qui a plongé ses habitants dans la consternation. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, un cultivateur, présenté comme le fils d’un responsable des chasseurs traditionnels (Donzos) de la localité, a trouvé la mort à la suite d’une altercation née de la destruction présumée de son champ d’arachides par un troupeau de bœufs.
D’après les informations recueillies, la victime s’était rendue dans son champ pour constater l’étendue des dégâts. Après avoir découvert que des animaux avaient ravagé une partie de sa récolte, elle se serait dirigée vers les gardiens du troupeau pour leur demander des explications.
<< Il était parti leur dire que leurs bœufs avaient mangé ses arachides. La discussion s’est envenimée avant de dégénérer en bagarre >> rapporte une source locale.
Selon plusieurs témoins, une première altercation physique aurait éclaté entre la victime et l’un des gardiens du troupeau. Alors que ce dernier semblait en difficulté, un second homme serait intervenu, armé d’un couteau.
Le cultivateur aurait reçu plusieurs coups, notamment au cou et à la poitrine. Malgré ses blessures, il aurait tenté de s’enfuir avant de s’effondrer quelques mètres plus loin. Des témoins affirment qu’il aurait ensuite été mortellement agressé. Ces éléments restent toutefois à confirmer par les conclusions de l’enquête ouverte par les autorités.
Un agriculteur travaillant dans un champ voisin affirme avoir entendu des appels à l’aide : <<J’ai entendu des cris à deux reprises. La troisième fois, je me suis approché. De loin, j’ai vu un homme poursuivre un autre qui tentait de s’échapper avant de tomber >>, témoigne-t-il.
Après les faits, le principal suspect aurait pris la fuite en direction du secteur de Dar-Es-Salam, près de Nèdékoro.
Alertés, des chasseurs traditionnels ont organisé une battue pour tenter de le retrouver. Selon plusieurs sources locales, il a finalement été localisé, interpellé, puis remis aux autorités en présence d’un gendarme avant son transfert à Mandiana.
Une source proche du dossier affirme que le suspect aurait reconnu son implication lors de son interpellation. Cette information n’a cependant pas été confirmée officiellement par les autorités judiciaires.
L’annonce de la mort du cultivateur a provoqué une vive émotion à Kouromadou. Des jeunes en colère seraient descendus dans les rues dès le lendemain pour exprimer leur indignation.
Selon des témoins, plusieurs habitations appartenant à des éleveurs ont été vandalisées, un homme a été blessé au cours des violences et la brigade de gendarmerie de Kouromadou a également subi des dégradations.
Face au risque d’escalade, les chasseurs traditionnels et plusieurs sages de la localité sont intervenus pour apaiser les tensions et éviter de nouveaux affrontements.
Ce drame remet en lumière les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs dans plusieurs localités de la Haute-Guinée. Les dégâts causés par la divagation du bétail dans les exploitations agricoles demeurent une source fréquente de tensions, qui dégénèrent parfois en violences meurtrières.
À l’heure où nous publions cet article, aucune communication officielle n’avait encore été faite sur les circonstances exactes des faits ni sur les qualifications pénales retenues contre le suspect. L’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités.
Kadija Kolou condé