Kankan : l’ONG AGIL apporte des clarifications après la plainte contre 5 chefs de quartiers et 14 chefs de secteurs !
C’est une journée mouvementée dans la commune urbaine de Kankan. À la suite des réactions des chefs de quartiers, l’ONG AGIL (Alliance pour la promotion de la gouvernance et les initiatives locales) a tenu à apporter des clarifications sur la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées. Cette sortie fait suite à une plainte déposée contre cinq chefs de quartiers et quatorze chefs de secteurs, accusés de n’avoir pas déposé les MILDA restantes auprès de l’ONG AGIL après la période officielle de distribution.
S’exprimant sur la situation, Sékou Kaïssa, chef de bureau régional de l’ONG AGIL, a rappelé que cette campagne s’inscrit dans un cadre national piloté par le ministère de la Santé à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), avec l’appui du Fonds mondial.
» Je pense qu’il y a une campagne qui a été organisée par le ministère de la Santé à travers le programme national de lutte contre le paludisme en République de Guinée. Nous, en tant qu’organisation, nous sommes sous-récipiendaires d’un projet du Fonds mondial de lutte contre le paludisme dans la région de Kankan. Nous couvrons les cinq préfectures de la région de Kankan à travers les 84 centres de santé qui sont au niveau de la région de Kankan ».
Il précise que la campagne de distribution des moustiquaires, précédée d’une phase de dénombrement, s’est déroulée du 26 au 30 mai, soit cinq jours conformément au calendrier national établi.
« Je pense vraiment que cette campagne, après la campagne de dénombrement au niveau de la région de Kankan, la campagne de distribution des moustiquaires a commencé du 26 au 30 mai, qui avait une durée de cinq jours. Donc, au-delà de ces cinq jours-là, aucun chef de quartier n’avait d’obligation de poursuivre l’opération. Ils étaient les gardiens de ces moustiquaires au niveau de ces quartiers-là ».
Sékou Kaïssa souligne que les difficultés évoquées concernent uniquement la commune urbaine de Kankan, contrairement aux autres préfectures de la région.
« Le problème dont on parle est uniquement au niveau de la commune de Kankan. Dans les autres préfectures, on n’a pas eu de problème ».
Concernant la réduction du nombre de moustiquaires par ménage, il rappelle qu’une décision du ministère de la Santé, liée à la disponibilité limitée des MILDA au niveau national, avait été communiquée à travers les médias locaux.
« Mais vu la disponibilité des MILDA qui se trouvaient actuellement en Guinée, ils ont dit de faire un plafonnement. le ministère de la Santé nous a instruit de réduire le nombre et de passer ces informations-là avec les différentes radios de la région de Kankan ».
Le chef de bureau régional d’AGIL explique également le principe de la logistique inverse, qui prévoit le retour des moustiquaires non distribuées vers les centres de santé afin de servir aux femmes enceintes, aux femmes allaitantes et aux enfants de moins de cinq ans.
« Donc, c’est ce qu’on appelle la logistique inverse. C’est-à-dire qu’après les 5 jours de distribution, les moustiquaires restantes-là devraient être acheminées au niveau des centres de santé. Ces moustiquaires restantes-là doivent servir aux femmes enceintes, les femmes allaitantes, et les enfants âgés de moins de 5 ans ».
Selon lui, le blocus est survenu lorsque certains responsables locaux ont refusé de restituer ces moustiquaires.
« Il s’est avéré que le constat révèle qu’au niveau de certains quartiers de Kankan, il y a certains chefs de quartier et les responsables de sites qui n’ont pas accepté de rendre ces moustiquaires ».

Face à cette situation, l’ONG AGIL affirme avoir saisi toutes les autorités compétentes avant d’en arriver à la voie judiciaire.
« Nous, à notre tour, en tant qu’organisation, on était obligé vraiment de faire des lettres d’information partagées à tous les niveaux. L’autorité locale, administrative, sanitaire et même le gouverneur sortant est largement informé par rapport à la situation de cette histoire de rétention ou de confiscation de ces moustiquaires-là ».
La plainte déposée, selon Sékou Kaïssa, vise exclusivement les 5 chefs de quartiers et les 14 chefs de secteurs concernés, afin de permettre la récupération des MILDA au profit des structures sanitaires.
« Donc, le seul moyen pour nous de faire retourner ces moustiquaires-là dans les centres de santé, c’est de passer par une juridiction compétente afin vraiment qu’une action judiciaire soit intentée contre ces chefs de quartier-là qui refuseraient vraiment de remettre ces moustiquaires-là ».
Il conclut en réaffirmant l’objectif principal de l’ONG.
« Notre objectif est que ces moustiquaires reviennent dans les centres de santé. Ce n’est pas AGIL qui les gère, c’est pour les structures sanitaires ».
Alors que la tension persiste entre certaines autorités locales et l’ONG AGIL, la suite de cette affaire reste désormais entre les mains des autorités judiciaires compétentes. Au moment où nous mettons cet article en ligne, certains chefs de quartiers ont pris l’initiative d’appeler le directeur de l’ONG AGIL afin de restituer le reste des lots de moustiquaires encore en leur possession. Ces moustiquaires récupérées ont ensuite été acheminées vers les structures sanitaires concernées.
Kadija Kolou Condé