Un vent de mécontentement souffle au sein du personnel éducatif des orphelinats AMA (Aide aux Mineurs et Abandonnés) de Boké. Une vingtaine d’enseignants ont déposé un préavis de grève pour dénoncer leurs conditions de travail jugées précaires et exiger une amélioration de leur situation professionnelle.
Selon les informations recueillies sur place, le mouvement émane principalement des enseignants en charge de l’encadrement des enfants hébergés dans les différents centres AMA de la préfecture. Ces derniers pointent du doigt le retard de paiement des salaires et l’absence de couverture sociale.
« Nous travaillons dans des conditions très difficiles. Depuis plusieurs mois, nos salaires ne sont pas régulièrement versés. Y’en a qui cumulent plus de 17 mois d’arriérés et nous n’avons aucune assurance médicale. À cela s’ajoute le non respect de la revalorisation salariale. Pourtant, nous formons et accompagnons des enfants en situation de grande vulnérabilité », a déclaré un porte-parole du collectif des enseignants sous anonymat.
Les enseignants affirment avoir tenté à plusieurs reprises d’engager un dialogue avec la direction régionale des orphelinats AMA, sans succès. Le dépôt du préavis de grève, prévu ce jeudi 7 novembre pour prendre effet dans les prochains jours, vise selon eux à « attirer l’attention des autorités sur la nécessité de revaloriser leur statut et de garantir la continuité du service éducatif ».
Si aucune solution n’est trouvée dans les délais légaux, les enseignants menacent de cesser toutes les activités pédagogiques, ce qui pourrait affecter la scolarité de plusieurs dizaines d’orphelins et d’enfants vulnérables pris en charge par l’association dans la région de Boké.
La population locale, quant à elle, appelle à un règlement pacifique du différend afin de préserver la mission humanitaire et éducative des orphelinats AMA, considérés comme un pilier social essentiel pour les enfants démunis.