Afrique: comparution de Riek Machar et ses coaccusés.

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Riek Machar comparaît lundi 22 septembre aux côtés de sept coaccusés, des membres de son parti d’opposition, le SPLM-IO, dont le ministre du Pétrole Puot Kang, lui aussi suspendu.

Ils sont accusés d’avoir fomenté des attaques contre l’armée sud-soudanaise à Nasir, dans le Haut-Nil, au nord-est du pays, en mars dernier. Ces attaques ont coûté la vie à un général de l’armée et à plus de 250 soldats loyaux au président Salva Kiir. Un pilote de l’ONU avait aussi été tué.

Riek Machar avait été placé en résidence surveillée dans la foulée. L’ouverture de ce procès marque sa première apparition publique depuis six mois.

Ce matin, c’est l’entièreté de la ville de Juba qui a été paralysée. Toutes les artères menant au Freedom Hall ont été fermées, provoquant des embouteillages monstres. Sur place, c’est l’accès à l’audience qui a été interdit aux journalistes et au public à la dernière minute. Pris au dépourvu, un militant de la société civile qui souhaitait assister au procès, a même été molesté et brièvement détenu.

Malgré ces tensions et ces restrictions, l’intégralité de la session de ce matin a pu être suivie en direct à la télévision publique. Riek Machar et les sept autres accusés sont apparus dans une grande cage. Ils n’avaient pas l’air particulièrement amaigris ou faibles et ont semblé assez optimistes : ils ont souri et fait des signes de la main à leurs proches à la fin de l’audience, et ces derniers ont applaudi et levé le poing alors qu’ils étaient escortés vers la sortie.

Déterminer la culpabilité

Un « tribunal spécial » composé de trois juges a donc été formé afin d’établir, si oui ou non, Riek Machar et les autres accusés sont coupables des crimes dont le ministère public les accuse. C’est Geri Raimondo, avocat de la défense, qui a longuement pris la parole en premier pour exposer une série d’objections à la façon dont ce procès est organisé.

Celui-ci a affirmé que « ce tribunal spécial n’est pas légitime à juger le premier-vice-président », notamment, car celui-ci « n’a pas été destitué et privé de son immunité par un vote des 2/3 de l’Assemblée nationale », comme prévu par la Constitution. Il a donc demandé sa libération immédiate.

Les avocats de l’accusation ont quant à eux défendu la légalité du processus. Ils n’avaient pas la copie écrite de leur argumentaire et le juge a décidé d’ajourner la session jusqu’à ce qu’ils la versent au dossier, demain matin, mardi 23 septembre.

Un procès historique

Ce procès pourrait marquer un tournant dans l’histoire mouvementée du Soudan du Sud, devenu indépendant en 2011. L’accord de paix de 2018 avait réuni les vieux adversaires Salva Kiir et Riek Machar, ennemis jurés depuis les années 1990, pendant la guerre contre le régime Soudanais.

En 2013, leur rivalité avait déclenché une guerre civile de cinq ans, qui a fait 400 000 morts. Riek Machar avait accepté de revenir à Juba pour former un gouvernement de transition en 2020. Il est aujourd’hui accusé des pires crimes : « meurtre », « trahison », « terrorisme » ou encore « crimes contre l’humanité ».

Ces combats ont fait au moins 50 morts.

Source: Rfi

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